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Mahina Khanum : L'héritage de la danse classique Odissi

Mahina Khanum

Vous connaissez tous la danse Bollywood! Mais connaissez-vous la danse classique Odissi à la popularité grandissante ? J'ai rencontré pour vous Mahina Khanum, professeur de danse et chorégraphe à Paris, qui enseigne cette danse depuis 7 ans dans le respect des cultures et traditions de l'Inde. Rencontre lors d'un stage de danse Odissi.

 

Qu'est-ce que la danse classique Odissi ?

l'Etat d'Odisha (Nord-Est de l'Inde) a donné son nom à la danse Odissi dont l'origine remonterait à plus de 2000 ans. La danse Odissi était dansée dans les temples et avait une fonction religieuse afin de rappeler les histoires des divinités. Cette danse connut deux  périodes d'impopularité: d'abord au 17e siècle, car les danseuses étaient comparées aux prostituées, puis lors de la colonisation britannique. C'est à partir des années 1950, que grâce à l'impulsion de plusieurs maîtres, la danse Odissi renoue avec ses origines grâce à des écrits décrivant les postures, expressions, mouvements et costumes à adopter pour la pratique.

 

Portrait et Interview de Mahina Khanum

Mahina Khanum a commencé la danse très jeune: dès 3 ans par de l'éveil corporel , puis de la danse classique pendant 13 ans. Sentant le besoin de s'oxygéner elle s'inscrit à un stage de danse indienne. Ce fut le coup de foudre ! Elle poursuit la maîtrise de cette danse auprès de grands maîtres : en France avec  Flora Devi  et à l'étranger avec le Guru Shankar Behera.

A 17 ans, primée lors d'un concours du ministère des Affaires étrangères et du gouvernement indien, elle se voit accorder une bourse d'étude et de recherche qui lui permettra de partir s'installer en Inde afin de continuer ses recherches sur la danse Odissi. Elle s'inscrit à l'Institut Gandharva Mahavidyalaya spécialisé dans l'apprentissage de la danse et la musique classique indienne.

Mahina est également diplômée en langues et civilisations indiennes de l'Institut national des langues et civilisations orientales (Langues O').

 

  • Interview

 

Bonjour Mahina, pouvez-nous dire comment se déroule un cours ?

Mk: Je commence par une préparation du corps à la danse avec des exercices d'échauffement pour les chevilles, les genoux, assouplir le dos... Ensuite, on fait un travail d'exercices de base avec les frappes de pieds avec le buste à placer, la tête, le regard, les mains. La chorégraphie permet ensuite de développer le vocabulaire.

Quels sont les points essentiels à maîtriser dans la danse Odissi ?

Mk: D'abord, l'art des isolations: savoir distinguer le buste du bassin, maîtriser les mouvements latéraux qui doivent être fluides. La gestuelle doit être maîtrisée.

Ensuite, la coordination: c'est un travail progressif. On travaille d'abord les frappes de pieds que l'on  complète avec les mouvements du buste, de la tête, des yeux.  Il faut avoir une vision tranchée des différentes parties du corps pour ensuite les rassembler.

Egalement la maîtrise de la gestuelle avec celle des mains et des doigts (mudrâs), les positions de base du corps avec le Tribhangha qui est une position déhanchée avec buste sur le côté qui trouve son origine dans les poses des statues des temples d’Orissa. Cette position donne un côté rond, sensuel, féminin. Et le Chauk qui est une position plus carrée. Il faut également maîtriser les frappes des pieds: le brossé, le plat, la demi-pointe et le talon. Au fur et à mesure de l'apprentissage, on apprend à connaître les différentes significations en fonction des contextes afin de raconter des histoires. A ce langage s'ajoute l'expressivité qui se travaille au fil des années. Cette partie est plus difficile à maîtriser pour un public occidental. Nous sommes dans le domaine de la théâtralité, du registre du mime. Le but étant de faire surgir pour le spectateur une émotion particulière. La danse Odissi est indissociable de lectures d'histoires mythologiques afin de les comprendre et les interpréter de la manière la plus juste.

Parlez-nous de votre troupe de danse : l’Ensemble Bhakti

Mk: C'est une troupe de danse que j'ai constitué avec quelques élèves très investies dans la danse Odissi et qui me suivent depuis 6 ans environ. A l'origine, la danse Odissi est plutôt une danse soliste, mais depuis quelques années des groupes se constituent afin d'exploiter le côté symétrique de cette danse. Sur scène cela donne des tableaux esthétiques.

Avez-vous un rituel avant de monter sur scène ?

Mk: Oui, c'est une préparation très longue (maquillage élaboré, coiffe) qui est en quelque sorte une forme de concentration. Elle se termine par le fait d'attacher les grelots aux chevilles pendant lequel on récite un Shlok qui est une incantation au dieu Shiva, le dieu de la danse. Ensuite, il y a le dieu Ganesh qui est invoqué avant tout évènement important. Nous faisons également une salutation à la Terre pour lui demander de nous donner de l'énergie de danser : on commence les mains jointes sur le coeur, ensuite on touche le sol du bout des doigts, on porte les doigts à son front, et l'on revient les mains jointes sur le coeur.

D'après ce que j'entends: faire de la danse Odissi implique d'adopter la culture indienne

Mk: Oui, effectivement. Rapidement lorsque l'on fait de la danse Odissi on se happé dans une histoire longue. Et le fait de danser en dehors de l'Inde fait se sentir responsable de cette culture très riche que l'on a envie de représenter de la meilleure manière possible. En cours, cela se fait progressivement, car certaines personnes ne sont pas prêtes à recevoir tout cet héritage. Je commence systématiquement par la salutation à la Terre.

Vous sentez-vous chargée d'une mission de transmission de la culture indienne ?

Mk: Au-delà de la danse, je m'attache à initier mes élèves à la culture et aux traditions indiennes. Dans la danse Odissi, j'ai l'impression que l'ego n'a pas sa place. En tant qu'enseignante, ma mission est de donner l'accès à un univers plutôt que satisfaire ma réalisation personnelle. Et sur scène, il s'agit de montrer l'esthétique indienne de la manière la plus juste possible.

Le rythme et la musique sont très importants dans la danse Odissi

Mk: Oui, notre système rythmique (Tala) est très riche. Il existe une très grande variété de rythmes : carré à 7,8 ou 16 temps. Cela dépend des chorégraphies qui se dansent sur des pallavi (élaboration). On prend un rythme de base sur lequel on fait, en début de chorégraphies, des pas qui sont relativement simples et dont on amplifie la difficulté pour atteindre en fin de chorégraphie un rythme extrêmement soutenu. Un des instruments indispensables à l'expression de la musique indienne est le Pakhajav (tambour).

Tous les arts en Inde sont liés à cette émotion esthétique retranscrite dans le Natya Shastra (traité de danse). C'est un traité rédigé en langue sanskrite qui régit les arts de la scène et donne des indications techniques sur l’organisation théâtrale, la dramaturgie et la représentation.

La danse Odissi est-elle très pratiquée ?

Mk: C'est la danse classique indienne la plus pratiquée en dehors de l'Inde. Je pense que c'est une danse un peu plus facile d'accès, contrairement au bhârata-natyam (la danse de l'Inde), du fait des déhanchés, de sa fluidité, d'une énergie plus contenue. En Inde, c'est difficile d'évaluer la popularité de la danse Odissi car les danses sont attachées à des régions, mais on trouve de plus en plus d'écoles qui proposent des cours de danse Odissi.

Vous enseignez également la danse Bollywood

Mk: Oui,  il y a une demande assez forte à Paris. Ce phénomène est lié à l'engouement pour le cinéma Bollywood à partir des années 2000. Certaines personnes perçoivent cette danse comme la danse indienne. Il faut savoir qu'en Inde il y a une forte séparation entre les danses classiques (forme de culture élitiste) et les danses plus folkloriques, et cette danse est mal vue car elle est considérée comme une danse de divertissement.

Enseigner la danse Bollywood est pour moi une manière de toucher un public qui n'avait pas forcément conscience de la richesse de ces danses classiques. D'ailleurs, les danseuses qui font partie de ma compagnie ont commencé par des cours de danse Bollywood et se sont progressivement intéressées à la danse Odissi.  Pour sensibiliser mes élèves à la danse classique indienne, j'essaie d'utiliser une gestuelle classique dans les petites chorégraphies Bollywood.

 

Cours de danse classique Odissi avec Mahina Khanum

 

 

  • Voir la fiche de Mahina Khanum sur Danseraparis.fr

 

 

C'est à vous !

Connaissez-vous la danse classique Odissi ? Si oui, qu'est-ce qui vous plaît dans cette danse ? Partagez avec nous vos commentaires!

Article de Catherine Jaleran publié le 15/10/2014

            

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