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Le Gwoka : expression culturelle de la Guadeloupe

L’archipel guadeloupéen est composé de plusieurs îles: Basse-Terre, Grande-terre, Marie-Galante, Désirade, Terre de haut, Terre de bas et Petite Terre et constitue un des nombreux territoires français. La Guadeloupe, la plus grande des petites Antilles, est située au milieu, entre Anguilla et Barbuda, les trois formant un Y. L’un des indicateurs social le plus révélateur de l’identité guadeloupéenne est incontestablement le Gwo-ka.  Ce fait culturel est présent de manière formelle ou informelle à tous les instants de vie du guadeloupéen.

 

Cet article a été rédigé par Lénablou , danseuse, chorégraphe, pédagogue et chercheuse guadeloupéenne, créatrice de la compagnie Trilogie. Après plus de 15 années de recherches, Lénablou a fait émerger une danse contemporaine caribéenne, issue de la tradition populaire guadeloupéenne: la Techni’ka. Elle fut désignée au grade de Chevalier de l’Ordre de la Légion d’honneur en novembre 2008 afin de récompenser le travail réalisé durant sa carrière.

 

Naissance du Gwo-Ka

Le Gwo-ka, au nombre de 7 rythmes, est un courant culturel, qui englobe à la fois la musique, la danse, le chant et l’instrument. L’origine du Gwo-ka est intrinsèquement liée à la société de plantation créole du milieu du XVIIème siècle qui s’est façonnée sur plusieurs périodes:

  • Entre 1635-1700, (période de gestation), est l’étape intermédiaire où l’on quitte l’ancien monde (période amérindienne) pour entrer dans la (période esclavagiste).
  • Entre 1700-1880  (période de transition qui marque les premiers signes d’une forme de cristallisation du Gwo-ka), où la traite et les premiers africains arrivent en Guadeloupe.
  • Entre 1880-1950 marque une  mutation décisive, où l’on voit apparaître des éléments tangibles du Gwo-ka.
  • La période 1960-2000 est celle de l’avènement du Gwo-ka, indubitablement contemporain.

Le gwo-ka tout au long de ses mutations continue d’être l’expression de l’état d’âme du « pays-Guadeloupe » dans ses joies, ses peurs, ses espoirs, ses révoltes et marque la résistance d’un « peuple », malgré les nombreuses interdictions ou rejets.

 

Pratique du Gwo-Ka

Le Gwo-ka, n’est pas simplement de la musique… c’est un art de vivre, une manière d’être qui ne s’acquiert qu’en Guadeloupe. Aujourd’hui, grâce à la "révolution Gwo-ka" de 1970 à 1990, l’enseignement de cette culture revient en force dans les familles guadeloupéennes. Autrefois méprisé, cet aspect culturel de la Guadeloupe est redevenu populaire et même enseigné aux enfants dès leur plus jeune âge.

L’orchestration du Gwo-ka, se compose :

  • 1 Boula est un tambour fabriqué à base de peau de cabri mâle. C'est le tambour le plus gros avec un son grave, c’est celui qui maintient le rythme.
  • 1 Makè est un tambour au son plus aigu, dont la fonction est d’improviser et de suivre le danseur lors des swaré-lewoz. Il est fabriqué à base de peau de cabri femelle.
  • 1 chacha ou plusieurs
  • 1 chantè (soliste)
  • des répondè (choeur).
  • Parmi les chanteurs les plus connus : Robert Loyson, Germain Calixte (Chaben), Napoléon Magloire (Napo), Guy Conquet, Ti Celeste.
  • Parmi les tambouyés les plus connus : Carnot, Vélo, Maugrand, Soptat, Delos.

 

Du point de vue de la danse, le Gwo-ka s’exécute seul lors de la swaré-léwoz, et c’est le danseur qui structure sa performance dans les différents changements de dynamiques et c’est aussi celui-ci qui demande la repriz pour nuancer son interprétation et le rôle du makè est de suivre à la lettre les moindres mouvements de ce dernier. Rappelons que la danse Gwo-ka est une danse d’improvisation par excellence, et quand elle est exécutée par une femme, l’utilisation de la jupe ou de la robe ample rentre dans l’interprétation. Lorsque la danse Gwo-ka est appréhendée de façon collective, c’est dans un cadre scénique : groupe folklorique de l’époque (la Brisquante, les Balisiers, karukéra, Caribana…), théâtre, école de danse).

Le nom des danses est identique à celui des rythmes: au nombre de 7. Sans qu'on puisse leur donner une origine précise, les rythmes du Gwo-ka se sont élaborés par une multiplicité d'apports ethno-rythmiques.

  • Le TOUMBLAK est un rythme à 2 temps, vivace et dynamique, joué plus rapidement, il devient le «toumblak-chiré ». C’est le rythme de la fête, de la joie, de la vie, il est interprété autant par les hommes que par les femmes avec beaucoup de sensualité ou la mobilisation du bassin est prépondérante.
  • Le KALADJA est un rythme à 2 temps qui peut  se jouer de façon lente ou rapide. Il peut donc évoquer tout aussi bien la souffrance que la joie par une mobilisation du dos.
  • Le GRAJ,  est un rythme à 2 temps, très présent dans la région nord Basse-Terre, pour stimuler le travail dans les champs de canne et de la préparation du manioc. C’est un rythme qui est lié au travail et au labeur. Les chansons qui y sont liées sont tristes exprimant peine et souffrance, mais aussi l’amour. La danse  exprime le sentiment, les mouvements de piétiner peuvent rappeler le mouvement agraire de râper le manioc.
  • Le LEWOZ, est un rythme à 2 temps qui présente la particularité d'être joué différemment selon que l'on se trouve en Grande-Terre et à Baie-Mahault (école Guy Conquet et Carnot) ou que l'on se trouve dans le Nord Basse-Terre (léwoz indestwas de l’école Christèn Aigle et Henri Délos). C’est la danse et le rythme de référence et     de virtuosité de la danse Gwo ka.

Il a donné son nom au rassemblement festif du samedi soir jusqu’au petit matin (jour de la paye) pendant lequel chacun fait apprécier son talent… Aujourd’hui il est organisé de façon régulière le vendredi et le samedi par les nombreuses associations culturelles. La danse lewoz s’exprime par une grande créativité dans la vélocité des jambes avec des contrastes d’énergie et de nombreux changements de dynamiques.

Léwoz o komandman, est une autre forme de léwoz. Son développement chorégraphique le singularise car à l'instar du quadrille il est dirigé par un commandeur qui donne des instructions à 4 couples de danseurs. Le léwoz o komandman est aujourd'hui extrêmement rare.

  • Le PADJANBEL, padjanbel, padjembèl ou granjanbel, ces termes désignent le même rythme, qui est un 3/4 le seul de ce type dans le Gwo-ka. Il a un caractère guerrier et vindicatif, le pas de base est un déplacement (aller/retour) latéral du pied.
  • Le MENNDE est le rythme à 4 temps,  qui serait le dernier rythme arrivé au pays avec la venue des congos. Le rythme soutenu et vif invite à une danse très expressive, explosive où les pas sont exécutés rapidement par des tremblements de la partie supérieure  du corps et des pas piétinés au niveau des pieds.
  • Le WOULE est le seul rythme à trois temps dans le Gwo-ka.  Il fait référence à un rythme du travail, et le mouvement de balancé dans la danse rappelle les gestes exécutés, par exemple, dans le damage des rues, au travail des champs pour les semailles et les labours.

 

Le Gwo-ka de nos jours

Le Gwo-ka est présent dans toutes les sphères artistiques et sociales et fait partie intégrante de la Guadeloupe: rite funéraire, fêtes, espaces culturels, conflits socio-politiques, théâtre, peinture, slam, poésie, carnaval, musique, danse traditionnelle et actuelle… Il est autant apprécié par les jeunes que par les anciens 

Depuis les années 90, il y a une prolifération d’espaces d’apprentissages du Gwo-ka (danse, musique, chant, tambour-ka). Des ouvrages, des documentaires faisant référence au gwo-ka se multiplient, un festival lui est dédié depuis plusieurs années.

 

Démonstration de musique et danse Gwo-ka

 

Démonstration par le Groupe Tazenco Gwo ka

 

C'est à vous !

Connaissez-vous le Gwo-ka ? Savez-vous le danser ou l'avez-vous déjà vu danser ?

 

 

Article de Catherine Jaleran publié le 07/11/2014

Lénablou   Ka Traditionnel   Ka Moderne   Cha Cha

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