- Biographie (3 articles)
- Danse Zumba (4 articles)
- Divers (9 articles)
- Films sur la danse (7 articles)
- Forme (5 articles)
- Jeux - Concours (7 articles)
- La danse africaine (3 articles)
- La danse classique (7 articles)
- La danse Hip-Hop (1 article)
- La Danse Orientale (2 articles)
- La Salsa (4 articles)
- Lecture (2 articles)
- Lieux (4 articles)
- Musique (7 articles)
- Rencontres (11 articles)
- Sorties (11 articles)
- Spectacles de danse (31 articles)
- Télévision (3 articles)
Ouvrez la boîte de Pandore, nous y avons caché des mots tournant autour de l'univers de la danse ... Accéder au lexique >>
- Jeu-Concours : Envie de danser la Salsa ?
- Spectacle de danse classique : Noureev & Friends
- Spectacle de danses orientales : Arabesques orientales
- Mission Bretonne Ti ar Vretoned (Paris - 75)
- SANZ by bizz'art (Paris - 75)
- Activ ' Danse (Viry-Chatillon - 91)
Dans le cadre des Etés de la danse, la Paul Taylor Dance Company a présenté treize ballets au Théâtre National de Chaillot du 19 au 28 juin. Ayant assisté à ceux de Roses, Syzygy et Piazzola Caldera, je vous invite dans les coulisses. Chut, suivez-moi ...
Le ballet Roses, présenté pour la première fois à Paris le 10 avril 1985, met en scène six couples de danseurs.
Durant toute la première partie du ballet, ce sont cinq couples qui ont évolué sur scène. Tous ont été mis à l'honneur, tantôt se cherchant ou se charmant. J'y ai vu comme une parade nuptiale, chacun adoptant son propre langage afin de séduire l'autre partenaire. D'ailleurs ce sentiment fut renforcé lorsqu'un couple mima les gestes utilisés en tauromachie : la femme jouant le rôle du toréador et l'homme celui du taureau en sautant par-dessus les jambes de sa cavalière qui se servait de son ample jupe comme d'une cape. Ceci donnait un côté bestial tout en restant très gracieux.
La chorégraphie offrait également des effets de surprise en alternant des rythmes rapides et lents. D'ailleurs, cela m'a déconcerté. Je m'étais installée dans une « zone de confort » en regardant évoluer les danseurs de manière tout à fait gracieuse, et soudainement ceux-ci se mettent à effectuer des mouvements, qui pour moi, étaient totalement dénués de sens.
En dernière partie de ballet, les cinq couples laissent place à un pas de deux lyrique. Ce dernier couple représentait pour moi la stabilité et la plénitude dans la relation. A noter que celui-ci était tout de blanc vêtu contrairement aux précédents couples qui étaient habillés en noir (pour les femmes) et en gris (pour les hommes).
D'ailleurs, le pas de deux n'a pas a été utilisé au hasard, car il symbolise l'amour d'un couple et illustre les moments les plus poétiques du ballet.
J'ai trouvé que le ballet présenté était beaucoup d'inspiration classique dans la légèreté, le port de tête, la perfection de la ligne ou les poses figées, même si se mêlaient, par exemple, des mouvements modernes des mains.
Siegfried Idyll : Pièce de musique de chambre composée par Richard Wagner (compositeur appartenant à la période romantique) écrite et offerte en cadeau d'anniversaire pour sa seconde épouse Cosima en 1870. Cette musique est une ode au bonheur et représente une célébration de l'amour. Il faut savoir que Richard Wagner et Cosima ont entretenu longtemps une relation extra-conjugale avant de pouvoir, enfin, vivre ensemble.
Cette musique illustre parfaitement le thème abordé dans ce ballet.
Adagio en ré bémol majeur pour clarinette et quatuor à cordes : Œuvre composée par Heinrich Baermann clarinettiste virtuose et compositeur allemand de l'époque romantique qui a beaucoup inspiré Richard Wagner. D'ailleurs, pendant de nombreuses années, cette œuvre lui a été attribuée.
Le ballet Syzygy présenté pour la première fois le 21 avril 1987 met en scène plusieurs danseurs évoluant en même temps sur un rythme effréné.
Tout d'abord, une petite leçon d'astronomie s'impose pour expliquer ce qu'est une syzygie : situation où trois objets célestes ou plus sont alignés. Par exemple, les éclipses de lune ou de soleil sont des syzygies (merci Wikipedia !).
En poursuivant dans ce même ordre de langage, je dirai que c'était le chaos total sur scène ; le Big Bang même. Chaque danseur effectuait des mouvements différents en isolant certaines parties de son corps tout en n'arrêtant pas de bouger. La performance résidait dans la maîtrise du corps et la coordination, afin de pouvoir effectuer en même temps, un mouvement de la tête, un autre de la main gauche, un différent de la main droite, un autre du pied gauche et un différent du pied droit. Vraiment de quoi perdre la boule ! (l'expression tombe à propos).
Composition originale de Donald York qui fut le directeur musical de la Paul Taylor Company de 1976 à 1991. Il fit ses études, comme Paul Taylor, à la Julliard School de New York.
Le ballet Piazzola Caldera, présenté pour la première fois le 12 juin 1997, met en scène tantôt des duos, des trios et des âmes solitaires sur des airs de tango.
L'atmosphère était chargée de sensualité dans les costumes (les femmes habillées très court et portant des bas résille) ainsi que dans les mouvements lascifs et suggestifs d'une danseuse soliste cherchant désespérément un partenaire de danse. Il régnait également une certaine promiscuité sur scène accentuée par le décor aux couleurs sombres et intenses de rouge et de noir.
Le choix du tango argentin accompagne parfaitement la chorégraphie, car celui-ci était jugé, à ses origines, comme une danse réservée aux personnes de mauvaises fréquentations, car il avait élu domicile dans les bordels. D'ailleurs, j'y ai noté une allusion historique en voyant des couples d'hommes danser, car le tango est apparu en Argentine au XIXe siècle pendant une vague d'immigration massive composée majoritairement d'hommes qui se retrouvaient en fin de journée et dansaient ensemble pour combler leur solitude.
En ne respectant pas les pas de danse conventionnels du tango argentin, Paul Taylor est encore sorti des sentiers battus à la recherche perpétuelle de nouvelles expériences.
Concierto para Quinteto, Celos et Escualo composées par Astor Piazzola, bandonéoniste et compositeur argentin longtemps décrié par ses paires qui estimaient que sa musique n'était pas du tango, car il ne respectait pas les codes établis.
L'on pourrait faire un parallèle avec la personnalité de Paul Taylor qui s'est affranchi des fondements de la danse moderne américaine afin de créer son propre style.
El Sol Sueno composée par Jerzy Peterburshky, musicien classique.
Concierto para Quinteto
Escualo
Celos
El Sol Sueno
En sortant de la représentation, j'avoue ne pas avoir été totalement conquise par le spectacle que je venais de voir. Certainement du fait que les chorégraphies ne correspondent pas du tout à ce que j'ai coutume de voir et aussi parce que les changements de rythmes pendant un même ballet m'ont en quelque sorte perturbé.
Mais en regardant de nouveau les extraits en préparant cet article, j'ai appris à apprécier un peu mieux les chorégraphies ainsi que la musique.
Comme quoi, il n'est pas mauvais d'être bousculé quelquefois pour que cela nous fasse découvrir de nouvelles formes d'expression.
Et vous, avez-vous déjà assisté à des ballets de danse contemporaine de la Paul Taylor Dance Company ? Avez-vous déjà assisté à des spectacles lors des Etés de la Danse ?
Spectacle de danse Paris.
Article publié le 29/06/2012